Développeur freelance : micro-entreprise, SASU ou EURL ?
La micro-entreprise convient pour lancer une activité de développement ou compléter un salaire ; dès que vous facturez à temps plein, une société est le plus souvent mieux adaptée.
En micro-entreprise, vous déclarez le chiffre d'affaires encaissé, dans la limite de 83 600 € HT par an en 2026 pour les prestations de services. Les cotisations sont proportionnelles à ce chiffre d'affaires et l'impôt est calculé après un abattement de 34 % : tant que vos frais réels restent faibles, c'est simple et peu coûteux.
La SASU et l'EURL, toutes deux à l'impôt sur les sociétés, permettent de déduire votre matériel, vos logiciels et vos formations, de laisser une partie du résultat dans la société et de choisir votre rémunération. Président de SASU, vous êtes assimilé salarié ; gérant d'EURL, vous êtes travailleur non salarié, avec des cotisations moins lourdes sur la rémunération. Nous comparons les deux sur votre TJM et vos jours facturés.
TJM d'un développeur freelance : de quoi tenir compte
Un TJM se fixe à partir du revenu que vous visez, pas l'inverse : jours non facturés, congés, frais, cotisations et impôt doivent tous être couverts.
À titre de repère, le baromètre Free-Work affiche en octobre 2026 un TJM moyen autour de 590 € HT pour un lead developer ou tech lead, et de 350 à 450 € pour un développeur Python, selon qu'il travaille en direct ou via un intermédiaire. La technologie, la séniorité, la région et le mode de contractualisation font varier ces chiffres.
Prévoyez enfin des jours sans facturation dans l'année : prospection, veille, formation, congés, périodes entre deux clients. Un calcul fondé sur 220 jours facturés par an donne en général une image trop optimiste de votre revenu.
Malt, Comet, Upwork : ce que les plateformes changent pour votre comptabilité
Une mission trouvée sur une plateforme reste votre chiffre d'affaires : la plateforme est un intermédiaire, et sa commission est une charge de votre activité.
Selon la plateforme, c'est vous qui facturez le client ou c'est elle qui émet la facture pour votre compte ; dans les deux cas, la comptabilité doit faire apparaître le montant facturé, la commission retenue et le virement reçu. Les plateformes de mise en relation transmettent par ailleurs à l'administration fiscale des informations sur les opérations de leurs utilisateurs (dispositif DAC7) et vous adressent chaque mois de janvier un récapitulatif de l'année précédente.
Vos déclarations doivent donc rester cohérentes avec ces montants. C'est un rapprochement que nous faisons pour vous à chaque clôture, y compris pour les paiements reçus en devises sur une plateforme internationale, convertis en euros à leur arrivée sur votre compte.
Ordinateur, écrans, licences : comment déduire votre matériel
En société, votre matériel et vos logiciels professionnels sont déductibles ; la seule question est de savoir s'ils passent en charges tout de suite ou s'ils s'amortissent.
L'administration admet que le matériel de bureau et les logiciels d'une valeur unitaire n'excédant pas 500 € HT soient comptabilisés directement en charges. Au-delà, un ordinateur s'amortit en pratique sur trois ans. Les abonnements (hébergement, GitHub, IDE, outils d'IA, SaaS) sont des charges de l'exercice. Les logiciels achetés n'ont plus droit, depuis 2017, à l'amortissement exceptionnel sur douze mois : ils suivent les règles ordinaires.
En micro-entreprise, en revanche, aucun de ces achats ne se déduit : l'abattement forfaitaire est censé couvrir l'ensemble de vos frais.
Projet au forfait ou régie : facturer et comptabiliser
En régie, vous facturez le temps passé, le plus souvent chaque mois ; au forfait, vous facturez un livrable, avec des acomptes puis un solde à la recette.
En société à l'impôt sur les sociétés, le produit d'une prestation au forfait se rattache en principe à l'exercice au cours duquel elle est achevée ; les prestations continues ou à échéances successives, comme une maintenance ou un abonnement, se rattachent au fur et à mesure de leur exécution. Un acompte reçu avant la livraison n'est donc pas encore du chiffre d'affaires. En micro-entreprise, seul l'encaissement compte.
Un projet à cheval sur deux exercices mérite qu'on regarde la date de recette avant la clôture : c'est elle qui détermine l'année d'imposition.
À qui appartient le code d'un développeur freelance ?
Au développeur, tant qu'il ne l'a pas cédé par écrit : la règle qui attribue automatiquement à l'employeur les droits sur un logiciel ne concerne que les salariés, pas les prestataires.
Pour être valable, une cession de droits d'auteur doit mentionner distinctement chaque droit cédé et délimiter son domaine d'exploitation, quant à son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Les contrats de prestation prévoient souvent une cession au client à la livraison ou au paiement complet : la rédaction relève d'un avocat. De notre côté, nous veillons à ce que vos factures et votre comptabilité suivent ce que prévoit le contrat, notamment quand une partie du prix rémunère la cession.
Clients étrangers, side projects et SaaS : ce qu'il faut anticiper
Un développeur travaille facilement pour un client à l'étranger ou lance sa propre application ; chaque situation a ses règles de facturation.
Pour un client professionnel établi dans l'Union européenne, la facture est émise hors taxe avec la mention « autoliquidation », et la prestation figure sur votre déclaration européenne de services ; pour un client établi hors de l'Union, elle porte la mention « TVA non applicable – art. 259-1 du CGI ». Si vous vendez un jour des abonnements à votre propre logiciel, à des particuliers notamment, d'autres règles de TVA s'appliquent : parlons-en avant le lancement.
Et si le produit devient une entreprise à part entière, avec levée de fonds ou statut de jeune entreprise innovante, la page expert-comptable startup prend le relais.
Pourquoi un expert-comptable qui connaît les développeurs
Vous automatisez tout ce qui peut l'être ; votre comptabilité devrait suivre le même chemin, avec un cabinet qui comprend vos factures de plateforme et vos abonnements.
DCE Expertise, cabinet de Déborah Cattan, experte-comptable et commissaire aux comptes, accompagne les développeurs indépendants partout en France, en visio ou au cabinet. Si votre activité touche aussi l'infrastructure, notre page cloud et DevOps détaille astreintes et certifications ; si vous concevez aussi les interfaces, voyez celle des designers UX/UI. Les règles communes aux métiers de l'IT sont réunies sur la page comptable freelance IT, et tous nos métiers sur l'espace expert-comptable pour freelances.
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