Freelance informatique : SASU ou EURL ?
Pour un consultant informatique qui facture régulièrement, la question se joue le plus souvent entre SASU et EURL. Ces deux sociétés relèvent de l'impôt sur les sociétés ; ce qui les distingue, c'est surtout le régime social du dirigeant et sa façon de se rémunérer.
En SASU, le président est assimilé salarié : il relève du régime général et cotise comme un cadre, sans assurance chômage. Ses dividendes ne supportent pas de cotisations sociales et sont soumis en 2026 au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sauf option pour le barème de l'impôt sur le revenu. En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié : les cotisations sur sa rémunération coûtent moins cher, mais les dividendes qui dépassent 10 % du capital social y sont soumis eux aussi.
Le bon choix dépend de votre TJM, de la protection sociale que vous visez et de ce que vous comptez faire du résultat : vous le verser chaque année, ou le laisser dans la société. Nous faisons la comparaison sur vos propres chiffres avant la création.
La micro-entreprise suffit-elle pour un consultant informatique ?
Pour démarrer ou tester une première mission, oui. Au-delà, elle devient vite étroite pour un métier aussi bien rémunéré.
En 2026, le plafond est fixé à 83 600 € HT de chiffre d'affaires annuel pour les prestations de services. Vous exercez une activité libérale non réglementée : 25,6 % de votre chiffre d'affaires part en cotisations, et l'impôt est calculé après un abattement forfaitaire de 34 %, quel que soit le niveau réel de vos frais. Votre retraite relève de la Sécurité sociale des indépendants, intégrée au régime général, et non de la Cipav.
Deux années consécutives au-dessus du plafond font sortir du régime. Beaucoup de consultants n'attendent pas ce moment et passent en société dès qu'une mission longue est signée, pour déduire leurs frais réels et organiser leur rémunération.
Mission en régie via une ESN : ce qu'il faut vérifier
En régie, vous facturez l'ESN, pas le client final, sur la base du compte rendu d'activité validé chaque mois. Trois points du contrat pèsent directement sur votre trésorerie et votre liberté.
Le délai de paiement d'abord : entre professionnels, il ne peut pas dépasser 60 jours après la date de la facture, ou 45 jours fin de mois, et toute facture réglée en retard ouvre droit à une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. La clause de non-sollicitation ensuite, qui vous interdit souvent de travailler en direct avec le client final pendant une période après la mission : lisez sa durée et son périmètre avant de signer. Les pièces de référencement enfin : pour tout contrat d'au moins 5 000 € HT, l'ESN doit obtenir votre attestation de vigilance Urssaf, valable six mois et à renouveler pendant toute la prestation.
Un mot sur l'indépendance : être immatriculé fait présumer que vous n'êtes pas salarié de votre donneur d'ordre, mais cette présomption tombe en cas de lien de subordination juridique permanente. Gardez la main sur votre organisation, vos outils et vos autres clients.
Intercontrats : tenir entre deux missions
Un intercontrat se prépare pendant la mission précédente, pas après. En société, c'est la trésorerie laissée dans l'entreprise qui vous permet de continuer à vous rémunérer quand plus rien n'est facturé.
Concrètement, nous lissons votre salaire de président ou votre rémunération de gérant sur l'année, au lieu de la caler sur chaque facture, et nous constituons une réserve qui couvre vos charges fixes, vos cotisations et l'impôt à venir. Ce temps entre deux missions sert aussi à vous former ou à passer une certification : ces dépenses restent des charges de la société, même sans chiffre d'affaires en face.
Portage salarial ou société : que choisir ?
Le portage permet de tester l'indépendance sans créer de structure ; la société devient plus intéressante dès que l'activité s'installe.
En portage, vous êtes salarié de la société de portage, qui facture le client et se rémunère par des frais de gestion. Vous conservez le statut de salarié, mais vous ne choisissez ni vos frais déductibles ni le partage entre salaire et dividendes, et une même prestation chez une entreprise cliente est limitée à 36 mois. Beaucoup de consultants commencent ainsi, puis créent leur SASU ou leur EURL quand les missions s'enchaînent.
Quitter un CDI en ESN pour se mettre à son compte
Si vous partez avec des droits à l'allocation chômage, la façon de créer votre société compte autant que la date de création.
Deux options s'excluent l'une l'autre. Soit vous conservez l'ARE, recalculée chaque mois selon les revenus que vous déclarez. Soit vous demandez l'ARCE : 60 % des droits restants, versés en deux fois, la moitié à la création et l'autre moitié six mois plus tard si l'activité continue. L'ARCE suppose d'avoir obtenu l'Acre, qui se demande à l'Urssaf au plus tard 60 jours après le début de l'activité.
Un président de SASU qui ne se verse pas de salaire les premiers mois regarde souvent du côté du maintien de l'ARE ; un besoin de trésorerie au démarrage peut faire pencher vers l'ARCE. Nous étudions votre cas avant l'immatriculation, pas après.
Développeur, data, cloud, SAP : des besoins différents selon votre spécialité
Tous les freelances IT n'ont pas les mêmes enjeux, et nos conseils s'adaptent à votre métier.
Un consultant SAP enchaîne des missions longues avec des frais de déplacement importants. Un développeur freelance travaille souvent au forfait ou via des plateformes, et doit régler la question des droits sur son code. Les profils data et IA achètent des services cloud à l'étranger, tandis que les ingénieurs cloud et DevOps facturent des astreintes et renouvellent leurs certifications. Pour le pentest ou le RSSI à temps partagé, voyez notre page expert-comptable cybersécurité ; côté pilotage, nous suivons aussi les chefs de projet IT et product owners et les architectes SI indépendants.
Et si vous recrutez un jour vos propres consultants, votre société devient une petite ESN, avec d'autres sujets à traiter.
Pourquoi un expert-comptable qui connaît les freelances informatiques
Un freelance informatique émet peu de factures, mais chacune pèse lourd, et les décisions qui comptent (statut, rémunération, réserve pour les intercontrats) se prennent à quelques moments clés de l'année.
DCE Expertise, cabinet de Déborah Cattan, experte-comptable et commissaire aux comptes, accompagne les freelances informatiques partout en France, à distance ou au cabinet. Nous vous recevons au 58 rue de Monceau ou en visio, et nous reprenons votre dossier si vous changez de cabinet. Nos autres pages métiers sont réunies sur l'espace expert-comptable freelance.
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